LA SOUFRIERE de la Guadeloupe

Publié le par FRACLADIN

L' archipel des petites Antilles est le fruit d' une intense activité sismique et volcanique, et chaque île, ou presque, a son volcan, plus ou moins actif, plus ou moins dangereux. 

Bien que la Guadeloupe soit un véritable petit paradis tropical, une petite porte vers les enfers s' y trouve aussi, celle ci se situe  à une dizaine de kilomètres au nord de la commune de BASSE TERRE et à l’ ouest des Chutes du Carbet dans le Parc national de la Guadeloupe et est nommé la Soufrière.

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La Soufrière de la Guadeloupe, la " Vieille Dame ", est un volcan en formation. C' est l' un des 9 volcans actifs de l'Arc des Petites Antilles. C' est un volcan de type péléen, explosif à nuées ardentes et de formation récente ( 100 000 à 200 000 ans ).
Pour autant, ce n' est pas le plus dangereux. Sa dernière éruption date de 1976, depuis, le volcan s' est tu, il est sous observation permanente, mais ne présente pas de danger immédiat. C’ est le seul volcan actif de l’ île, actuellement à l’ état de repos éruptif.
Le sommet de la Dame Soufrière, appelé La Découverte, culmine à une altitude de 1467 mètres. C’ est le plus haut sommet de la Guadeloupe et de toutes les Petites Antilles. Son dôme prend la forme d’ un cône tronqué de 900 m de diamètre à sa base et de 350 mètres tout en haut. 

Il n’ y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, des gouffres d’ où s’ échappent des vapeurs sulfureuses et des entailles profondes ainsi que des sources chaudes sur différents points du sommet.
On se croirait presque sur la Lune !

Le sommet est presque tout le temps dans le brouillard mais l' ascension mérite  le coup d' œil. Le sommet (accessible par une randonnée d’ une heure via le Chemin des Dames est accessible à toute personne suffisamment bien équipée ) ne présente pas de cratère immense, mais offre aux visiteurs un paysage chaotique, quasi lunaire , hérissé de pitons et relativement plat . Il est souvent recouvert de brumes.

De tout là-haut, vous dominez toute la Guadeloupe et ses dépendances. Par temps clair, vous distinguez la Martinique au-delà de la Dominique.

Plusieurs pistes balisées parcourent le sommet et invitent à découvrir en une heure environ, ce paysage grandiose et inquiétant.

De nombreuses fumerolles dégagent une odeur désagréable d' œufs pourris et d' ammoniac .... l' odeur est contraignante mais le paysage est superbe.

Infos et conseils

Pour information, sachez que le volcan de la Soufrière est l’ un des endroits les plus arrosés dans le monde, 12 mètres d’ eau/m2 par an.

C’ est énorme !!! Alors soyez prévoyant, n’ oubliez pas de vous munir de vêtements imperméables et de vêtements de rechange. Ne partez que si vous apercevez nettement le volcan sans trop de nuage depuis la Grande-Terre. La visite de la Soufrière est tellement remarquable avec une vue dégagée qu' il est dommage de ne pas effectuer sa visite sous de bonnes conditions atmosphériques. Ne vous embarquez pas dans l' ascension du sommet en tongues et en maillot de bain, prévoyez des chaussures qui ne craignent pas l' humidité et qui tiennent bien la cheville car le chemin est caillouteux ainsi qu' un vêtement de pluie, un pantalon long et un pull en laine, car la température peut être en dessous de 10° par temps couvert. Il faut toujours se renseigner sur l' état de la météo avant de partir. Ne comptez pas trop voir le sommet du volcan, car cela relève plus du hasard que de la science et il est préférable de grimper tôt le matin pour profiter de ce spectacle naturel.
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On établit la dernière éruption magmatique explosive de la Soufrière vers 1440, plus ou moins 100 ans.

En 1797, une éruption phréatique d’ importance eut lieu.  Il ne peut être exclu que cette éruption-là ait été elle aussi celle d’ une nappe captive et non d’ une nappe phréatique, c’ est-à-dire mise à la pression atmosphérique.

La dernière éruption de la Soufrière date de 1976. Elle a conduit à l’ évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit environ 76 000 personnes. Aucun mort n' a été déploré. À partir de 1975, un certain nombre de secousses ont alerté les sismographes de l'Observatoire volcanologique. Ces secousses sont allées en s’ intensifiant durant l’ année 1976. Dès novembre 1975, le préfet fut averti des dangers potentiels et de la nécessité de mettre en place un plan d’évacuation. La première éruption eut lieu le 8 juillet 1976. Les séismes ont très probablement réactivé une série de failles colmatées par de vieux matériaux (argiles et roches magmatiques). Cette crise de tremblements de terre fut la cause vraisemblable de la baisse brutale de la pression accumulée à l’ intérieur d' une nappe captive chauffée, telle une cocotte minute, par les gaz échappés du magma profond, provoquant la pulvérisation de roches, et la sortie de coulées de boues), de gaz acides et de vapeurs d’ eau. 25 000 personnes du sud Basse-Terre évacuèrent spontanément la zone pour se réfugier vers la Grande Terre, hors d' atteinte. L’ activité volcanique continua encore quelques mois suite à cette éruption, avec d'autres coulées de boues et émissions de cendres. Le 15 août, l’évacuation totale et obligatoire du sud de Basse-Terre fut ordonnée. Elle dura jusqu’au 18 novembre 1976.

L’observation de la Soufrière débuta en 1950 avec la création du Laboratoire Physique du Globe à Saint-Claude dépendant de l’Institut Physique du Globe de Paris. Deux sismographes furent installés immédiatement. C’est grâce à cet observatoire que l’éruption de 1976 fut détectée à l’avance.

En 1989, un observatoire plus moderne fut construit sur la commune du GOURBEYRE, à neuf kilomètres au sud-ouest de la Soufrière.


 

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